| Ma voix c'est moi |
Claude Bernard Perot joue des textes de Michel Leiris . Un Spectacle de Pierre-Etienne Heymann qui sera présenté au théâtre de Villepreux le 20 mars 2009 et 30 mars 2009 au théâtre Mouffetard
Spectacle de Pierre-Etienne Heymann du 28 juin au 1er juillet au Festival au village de Brioux sur Boutonne. Célèbre ethnologue, explorateur des sociétés africaines, engagé dans les combats anti-racistes et à la défense des pays du tiers monde, Michel Leiris a extrait de ses expériences, de ses souvenirs, de ses rêves et fantasmes une œuvre littéraire majeure du XXe siècle. Comment rendre compte, avec les moyens modestes du « Théâtre » de ces facettes fondamentales de l’œuvre de Michel Leiris ? À travers « Ma Voix c’est moi », Pierre Etienne Heymann a réuni un ensemble de textes issus de l’œuvre de Michel Leiris pour apporter une réponse qui est autant un projet qu’un défi artistique, transformer un matériau littéraire en matière scénique. Ni lecture mise en espace, ni déclamation, ce vrai spectacle réunit en symbiose les arts de la scène : musique et chant, scénographie. Le tout prend forme dans l’espace grâce au talent des comédiens. Pierre Etienne Eyman et Claude Bernard Perot interprète l’ethnographe dans sa multiplicité. L’un est l’écrivain, l’autre est le parleur-crieur. La voix de Laëtitia Le Mesle intervient en contrepoint comme le témoin chaleureux et amusé de cet affrontement.
Les textes de Michel Leiris sont extraits des œuvres suivantes : A cor et à cri, Langage tangage ou ce que les mots me disent, Le ruban au cou d’Olympia, La règle du jeu, L’Afrique fantôme, Mots sans mémoire, Nuits sans nuit et quelques jours sans jour, L’âge d’homme (Editions Gallimard) ; Grande fuite de neige (Editions Mercure de France) ; L’homme sans honneur (Editions Jean-Michel Place).
« J’aime la bouche fardée des mots » écrit Michel Leiris dans Grande fuite de neige.
Explorateur du langage aussitôt qu’il entreprend de s’immerger dans
l’écriture ; explorateur des sociétés africaines jusqu’à devenir un
professionnel de l’ethnologie ; explorateur de lui-même, pendant un
demi-siècle il fera de ses expériences quotidiennes, de ses souvenirs,
de ses rêves, de ses fantasmes, le matériau d’une œuvre littéraire
unique au XXème siècle.
Du magma de l’alchimie autobiographique de Leiris sourd de manière quasi obsessionnelle, depuis Glossaire (1925) jusque À cor et à cri
(1988), le culte de la matière sonore : la parole bien sûr, mais aussi
le cri (dont il souligne « l’obscénité »), la voix chantée, tous les
bruits et les silences du monde. Jeux phonétiques, proférations des
possédées éthiopiennes, gémissements de la femme comblée, rumeurs
urbaines et agrestes, chant sublime des divas d’opéra (une de ses
grandes passions, tout au long de sa vie), mélopée du muezzin... Aucune
émission de la voix ne lui est indifférente.
Analysant son travail d’écrivain, il
déclare « vivifier l’écrit en quelque sorte par son timbre, autrement
dit rendre patent que ces pages que nos yeux lisent sont sous-tendues
par une voix [...] qui non seulement conte volontiers ma vie mais est
intrinsèquement comme ma vie même... » (Langage tangage).
Lorsqu’il se contemple au seuil de la vieillesse, il va jusqu’à se
comparer à « un chanteur dont la voix s’est à tel point perdue que
s’éteint jusqu’à son envie de chanter » (Frêle bruit).
L’ambition de MA VOIX C’EST MOI est de
rendre compte, avec les moyens modestes du Théâtre, de cette facette
fondamentale de l’œuvre de Michel Leiris ; de proposer un support
concret, sonore et visuel, à l’imaginaire des spectateurs : théâtre
pour « dire le Dit », rendre sa voix au Leiris « écrivant », et
prolonger ainsi le double mouvement de la poésie et du sens à l’affût
l’un de l’autre.
Il n’y aura pas un homme pour incarner
Leiris. Mais plusieurs. Trois acteurs, deux hommes, et une femme. Trois
voix, donc, pour dire un homme. Pas pour le diviser, mais pour le
rendre multitude, éparpillement, mosaïque.
Ça parle. Beaucoup. Ça parle de parler,
de la parole même. Plus encore que d’écrire. Alors ça devient important
que ce soit au théâtre aussi : parler, vraiment, à haute voix (et
dialoguer, et se parler, et chuchoter), et crier (donner de la place à
sa voix), et chanter (jouer avec les mots dans sa voix !).
Ainsi, « jouer Leiris » ce sera se
mouvoir entre introspection et jeux poétiques, terreur et dérision, qui
sont le terrain de jeu de son écriture, jongler avec les
contradictions, recréer l’éparpillement, le morcellement de l’œuvre en
cours. C’est l’incommensurable, l’infini, qui doivent apparaître, par
toutes les fentes, à commencer par celles des bouches qui parlent, et
jusqu’à celles de nos yeux pour voir.
Montage des textes et dramaturgie : Pierre-Etienne Heymann
Coproduction : Comité d’Animation en Pays Mellois et Haut Val de Sèvre/Théâtre de la Planchette
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